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origine et histoire

 
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sagesse
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MessagePosté le: 28/03/2007 19:02    Sujet du message: origine et histoire Répondre en citant

Franc-Maçonnerie
Opérative et Spéculative

La Franc-Maçonnerie Moderne est une Institution qui a près de 300 ans d'existence.

Elle descend, d'une façon symbolique, des Maçons Constructeurs du Moyen âge qui se sont déplacés durant plusieurs siècles à travers toute l'Europe pour y bâtir des édifices religieux ou profanes dont la plus grande partie existe encore aujourd'hui.

Si le phénomène de transition de la Maçonnerie Opérative vers la Franc Maçonnerie Spéculative au cours de laquelle un nombre croissant de non Opératifs devenaient « Maçons-Acceptés ».

Dès le XVème siècle, et surtout au XVème siècle, de nombreuses loges, à commencer par Warrington, sont à majorité Spéculative.

Même Carausius ou Athelstan ne paraissent pas avoir été des Opératifs.

Mais on se heurte toujours sur ce point à la légende de la Maçonnerie Spéculative commençant lors de l'initiative des loges de Londres en 1717, les Constitutions de Desaguliers, dites d'Anderson de 1723.

Mais, à l'origine de la Maçonnerie (multiple), on peut distinguer ces deux grands courants, complémentaires et généralement Unis.

Tout d'abord, les vieux mystères, des sumériens aux égyptiens et aux mystères gréco-romains, aux pythagoriciens et aux divers hermétistes.

Puis les opératifs que l'on devine en Egypte, et même avant l'Egypte que l'on trouve certainement dans les corporations étrusques, notamment les pontifes.

Les pontifes portaient la mitre et la crosse.

Ils étaient les constructeurs de ponts, mais également des routes et des édifices et leur importance fut telle qu'ils devinrent la classe sacerdotale la plus importante et que le Pontifex Maximus, le Souverain Pontife, devint le véritable Grand Prêtre du paganisme romain et que le chef de l'organisation religieuse exotérique, dite Eglise Catholique, porte encore ce titre.

Puis c'est l'édit de Numa Pompilius organisant les Confréries Opératives (VIIIème table de la Loi des XII Tables), l'édit de Carausius, l'édit de Clovis en 486, la charte d'Athelstan, etc.

La Maçonnerie Spéculative remonte aux Acceptés, et non pas à l'initiative des loges de Londres de 1717.

On peut affirmer que les Maçons-Acceptés descendent des alchimistes, des kabbalistes, des hermétistes, des Rose-Croix et peut-être, sous toutes réserves, des Templiers.

Ils sont nombreux dès le Moyen Age et les loges entièrement ou à majorité d'acceptation existent au XVème siècle.

Elias Ashmole relate dans ses Mémoires qu'il a été reçu Maçon le 26 octobre 1646, à 4 h 10 de relevée, à la loge de Warrington, dans le Lancashire, avec le colonel Mainwaring et indique que le 11 mars 1682 il a participé à une tenue à Londres et à un noble banquet préparé aux frais des nouveaux Maçons-Acceptés.

Gould écrit : « Il nous est permis d'affirmer que la date de la suprématie de la Maçonnerie Spéculative sur la Maçonnerie Opérative peut être fixée avec certitude pour Londres à 1619-1620 et pour Warrington à 1646 et de constater en conséquence que, dans les deux cas, les périodes de transition doivent remonter à des périodes plus reculées. »

S'il est vrai que la loge La Bonne Foi, à l'Orient de Saint-Germain-en-Laye, remonte au 25 mars 1688, cette loge composée d'exilés Stuardistes ne comprenait pratiquement que des Spéculatifs et non des Opératifs.

Ce ne sont donc pas les événements de 1717‑1723 qui ont marqué le début de la Maçonnerie Spéculative.

C'est la Maçonnerie « de métier » qui a précédé la Maçonnerie Spéculative » (ou Moderne), la liaison entre l'une et l'autre étant effectuée par l'intermédiaire de l' Acceptation.

Dans ce domaine, une étude logique devrait se borner aux Guildes Anglo-Saxonnes qui sont à l'origine directe de la Franc-Maçonnerie moderne, toute autre tradition ayant nécessairement un caractère légendaire ou, tout au plus, étant un apport tardif à une légende en voie de constitution.

L'homme ayant construit depuis le Néolithique, il ne saurait être question de faire ici une étude exhaustive de la construction immobilière à travers les âges.

Pas plus que d'errer à travers les légendes qui ornent les Old Charges et que la partie historique des Constitutions d'Anderson a, plus ou moins laborieusement, synthétisée.

Il n'y a donc rien à tirer des Collegia romaines car, en Angleterre comme ailleurs, les a barbares » ont détruit toutes les structures anciennes.

On peut toutefois concéder l'existence aux XVIIème et XVIIIème siècles d'architectes, Maçons et autres artisans capables de construite more romano, mais aucun texte, même pas ceux qui se rapportent aux Comacini ( lombards ) , ne permet de croire au maintien de formes corporatives héritières de l'Antiquité Romaine.

De même, la croyance en un rôle quelconque joué par les Culdéens dans le maintien d'anciennes traditions n'est guère sérieuse.

En fait, le système corporatif Romain ne s'est maintenu que dans les territoires restés Byzantins ou soumis à l'influence de Constantinople.

C'est ainsi que l'on a pu soutenir, non sans quelque raison, qu'à Rome même les Scholae avaient succédé aux Collegia, et que leur influence a été importante sur le reste de l'Occident et notamment en Angleterre.

Un texte de dom Mabillon paraît prouver qu'à l'époque de saint Boniface au début du XVIIIème siècle, ce sont des Maçons anglais, eux-mêmes formés par des Romains, importés par saint Augustin et ses successeurs, qui ont construit les premières églises frisonnes, saxonnes et bavaroises.

Il n'est pas exclu de penser que le rôle attribué à Charles Martel, roi des Francs, dans la légende Opérative Anglaise ait ses origines dans cet échange de techniciens.

Mais la véritable histoire originelle de la Franc-Maçonnerie n'est pas là, elle réside dans les associations qui se sont créées, à partir du XIème siècle tout d'abord, autour des grandes constructions monastiques et, ensuite et à partir du XIIIème siècle du mouvement communal.

On ne voit d'ailleurs apparaître en pleine lumière ces corporations de constructeurs qu'à la seconde de ces dates, ce qui paraît bien prouver que la Franc-Maçonnerie autonome est un fait qui tient au clergé séculier et non aux ordres monastiques et à l'urbanisation.

Voyons tout cela avec quelques détails.

Avec la seconde série d'invasions barbares qui clôt l'époque carolingienne, l'Europe connaît une nouvelle catastrophe.

Ce qui peut rester de culture se réfugie à nouveau dans les couvents.

Il est à peu prés certain que l'art roman est essentiellement l'oeuvre de religieux bénédictins, ou du moins animé par eux, à partir du Xème siècle.

Mais, très rapidement, avec le développement des villes, les Chapitres prennent le relais des couvents et les corporations opératives, formées à peu près exclusivement de laïcs, commencent à apparaître dans leur réalité historique.

Le Moyen Age classique porte de multiples témoignages de leur existence dans toute l'Europe de l'Ouest, en Scandinavie, en Ecosse, en Irlande, en Angleterre, aux Pays-Bas, en France, Espagne, Italie, dans les différentes parties du monde germanique, au moins jusqu'à Prague et Budapest.

C'est de ces groupements, mais exclusivement des groupements anglais et écossais, qu'est sortie, après une assez longue période de transition, la Franc-Maçonnerie Spéculative moderne.

L'ensemble de ces problèmes a été sérieusement étudié par les médiévistes.

Aussi, débarrassons-nous de quelques légendes.

Personne ne croit plus guère aujourd'hui à l'imagier anticlérical si amplement développé par Viollet-le-Duc au siècle dernier.

Il est également très difficile d'admettre que les groupements de constructeurs aient été les agents passifs ou actifs de la transmission d'un ésotérisme quelconque, qu'il fût oriental ou non.

L'ésotérisme des Tarouq Musulmans transmis à travers les Templiers, la présence, chez ces Maçons ou Sculpteurs, d'une tradition Gnostique ou Manichéenne sont parfaitement légendaires.

Peut-on penser qu'il y a eu un « ésotérisme chrétien » à côté de l'exotérisme?

Parlons plutôt d'un symbolisme « typologique » qui est la transcription dans la pierre des croyances jugées parfaitement orthodoxes par les théologiens médiévaux et inspirées essentiellement de la Glose ordinaire de Walafried Strabo.

D'ailleurs, il est bien connu que les clercs qui avaient commandé les constructions entendaient s'en réserver, conformément aux canons du second concile de Nicée (787), « l'ordonnance et la disposition ».

Avec le réveil de l'Occident, au XIème siècle, apparaissent donc un peu partout des organisations diverses de gens du bâtiment : la « confrérie » à caractère strictement religieux, la « corporation » (le mot est du XVIIIème siècle) basée sur la tripartition des fonctions et sur la progression par qualification professionnelle entre Apprentis, Compagnons et Maîtres, enfin, au déclin du Moyen Age, les Compagnonnages qui ne groupent que les ouvriers et deviennent l'organisation à la fois de progrès technique et de défense syndicale qu'ils seront aux Temps modernes.

Il importe de ne pas les confondre et de considérer aussi que de telles associations ne sont nullement la spécialité des métiers de la pierre.

En France surtout, aux Temps modernes, elles ne cessent de se multiplier au point d'interdire, en se transformant en monopoles de droit ou de fait, toute évolution sociale et toute transformation technique.

Chacun des pays occidentaux a donc, au Moyen Age et au début des Temps modernes, connu des types d'organisation, initialement assez analogues, surtout dans les métiers du bâtiment où l'on se déplaçait beaucoup, et qui, par la suite, ont évolué de façon différente.

Ce n'est qu'en Ecosse et en Angleterre que, par le phénomène de l'Acceptation, s'est produit une évolution particulière qui a créé la Maçonnerie spéculative.

L'Acceptation, en effet, n'a existé ni en France ni, semble-t-il, dans les pays latins, sauf peut-être occasionnellement en Italie.

On en trouve seulement quelques traces relativement tardives en Allemagne.

C'est donc essentiellement sur l'Angleterre qu'il convient de s'appesantir.

Mais il convient toutefois de dire quelque chose des autres pays.

En Espagne où, après la reconquista, on construit beaucoup d'églises, les mentions ne manquent pas le P. Benimeli a noté des signes lapidaires sur 122 édifices religieux mais disparaissent dès le XVIème siècle.

En Italie, on n'a jamais cessé de construire, et dès que se développe le mouvement communal, il existe des « corporations » de Maçons avec des Maîtres, très actives notamment à Florence, à Brescia, Milan, Parme, Plaisance, Venise, Lucques.

Elles disparaissent également au XVIème siècle. Se sont‑elles transformées, comme le pense P. Naudon, en académies, telle l'Academia del Disegno de Florence (1563) où l'on rencontrait professionnels du bâtiment et « amateurs »?

Ces académies italiennes ont-elles, par la suite, influencé, au moment de la période de transition, la Maçonnerie anglaise? Ce n'est pour nous qu'une hypothèse.

En pays germanique, les « Bauhütte » de constructeurs ont eu la vie plus dure puisque leur existence nous est encore mentionnée au début du XVIIIème siècle.

Encore que personne ne croit plus de nos jours que les Steinmetzen germaniques aient été à l'origine de la Maçonnerie spéculative.

Elles sont cependant plus récentes que celles d'Italie puisque Findel pense que la plus ancienne confrérie allemande date de 1211, c'est-à-dire des débuts de l'édification de la cathédrale de Magdebourg.

Mais surtout les Maçons Operatifs de langue germanique ont, dès 1275, connu l'existence de cinq Grandes Loges (Haupthütten) à Strasbourg, Cologne, Vienne, Zurich et Magdebourg, les deux premières se disputant la primauté.

Ce sont ces cinq Grandes Loges qui se donnèrent, le 25 avril 1459, les Statuts et règlements de la confraternité des Tailleurs de pierre extrêmement complets, et qui furent, à partir du milieu du XVème siècle, unanimement acceptés et pratiqués dans toutes les loges.

On connaît des assemblées générales en 1275 (Strasbourg), Ratisbonne (1459, puis 1464), Spire (1469), Cologne (1535), Bâle (1563), à nouveau Strasbourg (1564).

Les Statuts de Ratisbonne ont été maintes fois publiés : il est facile d'y rencontrer un certain nombre d'éléments qui ont subsisté dans la Maçonnerie contemporaine et notamment les trois grades, l'exclusion des profanes, l'égalité fraternelle et les secours mutuels, la juridiction spéciale, les « signes » , le rite de l'initiation, l'ouverture et la clôture des assemblées.

Enfin le texte parle, mais d'une façon malheureusement assez imprécise, des « hommes pieux » qui voudraient assister au service divin, mais qui n'ont pas droit de vote, ce qui peut être interprété comme une esquisse de l'acceptation.

Il n'est peut-être pas sans intérêt aussi de noter que si les Statuts s'ouvrent sur l'invocation à la Trinité, à la Vierge et aux quatre saints couronnés, les serments sont prêtés sur le Livre de la Confrérie et non sur la Bible.

Les « Hütte » se heurtèrent souvent aux pouvoirs civils, empereurs, seigneurs et villes.

Elles ne disparurent cependant que lentement et, comme en France, certaines de leurs traditions ont subsisté dans le compagnonnage.

Les Mestiers en France n'apparaissent guère avant la fin du XIème siècle, à la fois dans le Nord, en Normandie, et en Languedoc.

A Paris, la situation est plus confuse, car les métiers du bâtiment dépendant étroitement, comme en témoigne « Le livre des Mestiers » d'Etienne Boileau (1268), du Maître des Oeuvres de Maçonnerie du roi.

A cette époque existent, un peu dans tous les corps, la distinction tripartite, des règlements stricts sur l'accès au compagnonnage et à la maîtrise, un serment (sur la Bible ou des reliques), des taxes assez lourdes.

Quatre corporations dépendaient du « Maître des Oeuvres de Maçonnerie », les « Mortelliers » (fabricants de mortiers, appareilleurs? ), les maçons, les tailleurs de pierre et les plâtriers.

Les charpentiers avaient un statut différent, dépendant du Charpentier du Roy.

Il est assez difficile de savoir la (lace que pouvaient en réalité tenir, dans ce système, ceux des « Maîtres Maçons » qui étaient en fait des architectes et des Maîtres d'Oeuvre, tel Villard de Honnecourt.

Ce système fort autoritaire n'existait pas partout au Moyen Age.

Bien souvent, comme en Provence, le métier était libre.

Ou simplement « réglé » et non « juré ». Ce n'est qu'a partir du XVIème siècle que la royauté s'efforça d'établir dans tout le royaume ce second système, et il n'y réussit que trop bien.

Les choses devaient ainsi durer jusqu'à la loi d'Allarde du 11 juillet 1791.

Les confréries professionnelles (qu'il faut bien distinguer des confréries liturgiques et des confréries associations du Midi de la France) ont existé dès le Moyen Age et se sont rénovées sous l'effet de la contre Réforme, au XVIIème siècle.

Elles étaient et sont restées jusqu'à la Révolution essentiellement des sociétés de secours mutuels à caractère religieux.

Il n'est pas exceptionnel que « communauté de métier » et « confrérie » soient une seule et même organisation.

A l'inverse, il arriva parfois que des confréries eussent maille à partir avec le pouvoir royal.

Quant au compagnonnage, toujours persécuté par l'Etat et condamné à maintes reprises par l'Eglise, il garda, comme en Allemagne, une partie de l'héritage symbolique, sinon initiatique, des groupements primitifs, mais adaptés à de tout autres finalités.

En fin de compte, rien dans la tradition opérative française n'a joué de rôle dans la création de la Maçonnerie moderne.

C'est donc vers les île, Britanniques qu'il nous faut nous tourner.

Et ici, grâce au labeur étonnant des Maçons de la loge londonienne Quatuor Coronati qui ont colligé avec science, amour et patience tous les vieux documents, dont l'ensemble forme les « Old Charges » , nous sommes relativement bien informés.

L'influence des « Collegia » romains ou des Culdéens nous paraît purement légendaire, celle des rois bretons ou Anglo-Saxons, qui figurent dans la tradition, pour le moins sujette à caution.

En fait, le système des « Corporations Confréries » (anglais craft) est venu de France avec les rois normands et nous n'avons pas de documents authentiques témoignant de leur existence avant le XIVème siècle, c'est-à-dire nettement plus tard qu'en France ou dans le monde germanique.

Nous savons, certes qu'antérieurement, il existait des « sculptores lapiduna liberorum » (1212), des ateliers de Maçons intitulés « loges » (1292).

La corporation des Maçons existe à Chester en 1327 et à York en 1350, le terme de freemasons apparaît en 1376 pour désigner les Maçons de la confrérie londonienne et se retrouve en 1377, 1 381 et 1396.

Les premiers textes statutaires connus suivent de très près: « Ordonnance » et « Statut des Ouvriers » (1349‑1350), « Ordonnance des Maçons d'York » (1332, puis 1370), « Articles de Londres » (1356), «Ordonnance de la Guilde des Charpentiers de Norwich » (1375).

A peine postérieurs sont les célèbres manuscrits « Regius » (1370‑1400) et Cooke (14301440).

La plus ancienne Charte connue est le document Landsdown (1550 env.), le reste étant postérieur à la Réforme. cf. Charges (Old).

En laissant de côté l'histoire légendaire de l'Ordre, nous constatons que l'ensemble des documents nous fournit un tableau à peu près cohérent de la Maçonnerie anglaise à la fin du Moyen Age.

La corporation est aussi confrérie et se place sous l'invocation de Dieu ou de la Trinité, de la fidélité à l'Eglise, elle exige que l'on célèbre les fêtes traditionnelles.

L'Apprenti doit prêter serment (probablement sur la Bible) et notamment doit jurer de conserver le secret, il existe des grades, les membres portent parfois une livrée spéciale et s'appellent « frères » et « sueurs » car il semble bien que des femmes fussent admises dans la confrérie encore que la chose ait pu être discutée, le principal officier est le « Maître », il existe des wardens (gardiens, surveillants).

Nous n'avons rien de tel pour l'Ecosse médiévale : le premier document, dit «Statuts Schaw » datant de 1598, mais étant le rappel de règles antérieures.

La Maçonnerie britannique n'était donc pas organisée d'une façon tellement différente de ce qui se passait, à la même époque, sur le continent.

De plus, elle ne connut jamais de grosses difficultés, ni avec le clergé, ni avec le pouvoir royal.

La meilleure preuve en est dans le fait qu'en 1417 la Corporation reçut des armoiries du roi d'armes de Sa Majesté.

Peut‑on aller plus avant? Ici, la vérité historique est bien difficile à dégager de la légende.

Rébold raconte qu'en 1442, le roi Henri VI se serait fait initier ainsi que les seigneurs de sa cour, que le 24 juin 1502, Henri VII Tudor aurait présidé la tenue d'une Grande Loge à Londres à l'occasion de la pose de la première pierre de l'abbaye de Westminster.

Il est plus vraisemblable d'admettre que l'archevêque d'York, en 1427, et son collègue de Canterbury, en 1429, encouragèrent ou même présidèrent des tenues de loge ou de Grande Loge.

Vint la Réforme : à notre sens, l'affirmation maintes fois reproduite, notamment par P. Naudon, d'une Maçonnerie restée catholique dans un pays qui était en train de passer allégrement au protestantisme ne paraît pas se justifier.

Ou, en tout cas, les textes ne paraissent pas l'imposer, surtout dans la première partie du XVIIème siècle où, jusqu'en 1640, l'anglicanisme paraît triomphant.

Quoi qu'il en soit, une tradition dont il est difficile de démêler le fond historique et qui nous est contée par Preston veut qu'Elisabeth ait, en 1561, confirmé le choix de sir Thomas Sackvill comme « Maître » et qu'il le resta jusqu'en 1567 avec siège à York.

A sa mort, la Maçonnerie se divisa en deux branches, la loge d'York, dirigée par le comte de Bedford, la loge de Londres dirigée par le célèbre économiste sir Thomas Gresham.

A la suite d'une assemblée maçonnique tenue à York en 1663, la Fraternité fut dirigée par un « Grand Maître » et le premier titulaire de la charge fut Henri Jermyn, comte de Saint-Alban, nommé dans une séance présidée par Jacques II lui-même.

Lui succédèrent : Thomas Savage, comte Rivers (1666); le duc de Buckingham (1674); Arlington (1679); sir Christopher Wren (1685); le duc de Richmond (1695) puis, à nouveau, sir Christopher Wren (1698) qui se démit de ses fonctions et ne fut pas remplacé.

La trame de cette tradition correspond sensiblement à la période de transition au cours de laquelle la Maçonnerie devient « spéculative ».

L'Ecosse parait avoir connu une évolution analogue, mais qui, plus tardive, a peut‑être permis aux Maçons écossais et subsidiairement irlandais de garder un caractère plus archaïque.

Les Statuts de la fin du XVIème siècle témoignent de l'existence de trois loges à juridiction relativement étendue : celles d'Edimbourg, de Kilwinning et de Stirling.

Il semble que les Maçons écossais se soient surtout distingués de leurs confrères anglais par deux points : l'existence de trois degrés hiérarchiques et non deux, la présence du « Mason's Word » (mot de Maçon) qui permet l'accès à toutes les Loges de la région.

Les légendes maçonniques sont évidemment quelque peu différentes et font une large part aux premiers Stuarts, et notamment à Jacques II d'Ecosse.

C'est lui qui aurait nommé (1439) comme « Maître des loges d'Écosse » Guillaume de Saint‑Clair, baron de Rosslyn, comte d'Orknet et de Caithness.

Ces droits héréditaires qui furent confirmés en 1628 par l'ensemble des loges écossaises nous sont connus par des chartes de 1601 et 1628. Ils devaient durer jusqu'en 1735.

Dans la seconde moitié du XVIème siècle, à l'aube de l' Acceptation, la Maçonnerie Anglo-Ecossaise est donc très vivante.

Il existe, dans à peu près chaque ville importante, sur chaque chantier, une loge et une « compagnie de Maçons » qui vivent assez librement sous la triple protection de sa Charte, du pouvoir royal et de l'Eglise.

Ces groupements sont fédérés d'une manière assez lâche, mais les liens sont assez étroits pour que les « itinérants », nécessairement nombreux qu'il s'agisse de loges entières ou de simples Compagnons puissent être reçus sur leur nouveau lieu de travail.

Si nous ne sommes sûrs de l'existence des « mots» que pour l'Ecosse, nous savons que les Maçons anglais possédaient à la fois des signes de reconnaissance (peut-être la fameuse « griffe » que l'on retrouve chez les Compagnons français) et des secrets techniques.

Ces déplacements rendaient nécessaire une autorité suprême qui commençait à s'esquisser avec la tenue d'assemblées périodiques, la reconnaissance, encore diffuse, de « Loges Mères » telles York en Angleterre et Edimbourg ou Kilwinning en Ecosse et, peut‑être, l'existence d'un protecteur, étranger au métier, choisi donc aussi près que possible du pouvoir royal et qui deviendra le Grand Maître.

La Renaissance puis la Réforme devaient modifier les choses.

Il faut attribuer une certaine influence à ne pas exagérer toutefois aux Italiens architectes, peintres, sculpteurs ou simples humanistes qui vinrent assez nombreux à la cour de Jacques V d'Ecosse, le père de Marie Stuart, aussi bien qu'en Angleterre à la cour d'Henri VIII, puis à celle d'Elisabeth.

Leur influence ne fut pas immédiate, car le XVIème siècle insulaire reste encore profondément gothique et il faut attendre le règne de Jacques 1er et surtout, en 1607, le retour d'Inigo Jones de Rome pour assister au triomphe du style Palladique, inspiré de l'Italie, et qui, sauf quelques brefs retours en arrière, dominera l'architecture anglaise jusqu'après 1715.

La tradition maçonnique affirme que les souverains écossais et anglais associèrent les Maçons italiens aux Maçons anglais et que la loge devint alors quelque chose d'assez semblable aux « académies» italiennes, ce qui, à Londres comme à Florence, devait favoriser la venue de personnes cultivées et férues d'art.

Pour ce qui est de la Réforme, il ne faut jamais oublier l'originalité de la Réforme anglaise, tant celle, purement disciplinaire, d'Henri VIII, que celle d'Elisabeth.

En Angleterre, comme en Suède, c'est toute l'Eglise qui est passée, avec armes et bagages, à la Réforme et la plupart des Anglais n'ont pas eu le sentiment d'une rupture.

Il n'y a pas eu de guerres de religion et l'attitude hostile de l'Espagne d'abord, de Louis XIV ensuite, ont consolidé l'unité nationale autour du roi, du Parlement et de la « Church ».

La conséquence de cette situation est l'absence de solution de continuité dans la construction : on a continué à bâtir selon le style ancien auquel s'est substitué au début du XVIIème siècle, le style palladien.

Tels sont, envisagés évidemment dans leurs grandes lignes, les faits historiques essentiels qui nous mènent jusqu'à l’acceptation.

Que pouvons-nous en déduire concernant les problèmes du rituel?

Il n'existe malheureusement pas de rituels antérieurs au XVIIIème siècle.

Le plus archaïque semble bien être le Manuscrit Dumfries n°4 des années 1710 et l'ensemble des documents publiés par Knopp, Jones et Hemer s'échelonnent entre 1696 et 1730.

Mais il est probable et la langue en témoigne d'ailleurs qu'ils sont des copies de documents plus anciens.

Les éléments rituels et symboliques les plus importants sont l'existence et le rôle capital du Temple de Salomon, car sa loge se tient « dans les parvis du Temple de Salomon », l'assimilation de la loge au « cosmos », l'existence de trois « piliers », l'Équerre, le Compas et la Bible, l'utilisation de l'Échelle de Jacob et de l'Arche d'alliance, des deux colonnes « J » et « B » que nous rencontrons également en Allemagne et qui auraient été les « mots ».

On a déjà maintes fois noté l'absence du mythe d'Hiram dont l'introduction en Maçonnerie fait problème.

S'ajoutent l'évocation de la géométrie, principe de toutes les autres sciences, l'orientation du Temple est-ouest, les trois « Lumières » que sont le Soleil, la Lune et le Maître Maçon, les deux Saint-Jean, enfin les exigences de fraternité exprimées de façon variée et souvent fort riche.

Malheureusement, si nous connaissons les principaux éléments symboliques, nous ignorons tout des rites cérémoniels.

Il est en tout cas facile de constater que la Maçonnerie contemporaine n'a, dans le domaine du symbolisme, rien ajouté d'essentiel.

On peut également noter l'absence totale de tout élément hermétiste ou alchimiste.
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sagesse
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MessagePosté le: 28/03/2007 19:22    Sujet du message: Répondre en citant

Origines de la Franc-Maçonnerie

Les origines de la Franc-Maçonnerie font remonter la première loge au jardin d'Eden ou travaillaient Adam et Ève dans la plus parfaite égalité, initiés par Dieu en personne...

Dans cette perspective la mixité se trouve dès l'origine de l'Ordre.

Adam : Le premier homme d'après la Bible.

Nous le rencontrons en Maçonnerie sur quatre plans différents.

D'après l'Histoire de la Maçonnerie de Ch. Bernardin, membre du Conseil de l'Ordre du Grand Orient de France (1909), quinze auteurs maçonniques remontent à la création du monde et signalent l'existence d'une loge au paradis terrestre dont notre père Adam aura été Vénérable, Ève en étant rigoureusement exclue. Preston écrit très sérieusement que « nous pouvons trouver trace des fondations de la Maçonnerie dès l'origine même du monde ». Évidemment, cette affirmation ne peut avoir qu'un sens symbolique : la Maçonnerie a toujours existé en puissance.
Au 28ème degré du Rite Écossais Ancien et Accepté, Chevalier du Soleil ou Prince Adepte, le Vénérable est appelé Adam. « Il porte un sceptre au bout duquel est un globe en mémoire de ce qu'Adam fut créé et constitué souverain Roy du Monde » (rituel de 1765). Le thème a hermétique du Grade est la régénération.
Adam et le thème de la Chute jouent un rôle capital dans la pensée des Maçons mystiques et ésotéristes du XVIIIème siècle. Cf. Willermoz, Saint-Martin (Claude de), Martinès de Pasqually.
Adam Kadmon. Adam céleste (androgyne) opposé par la Kabbale à l'Adam terrestre qui représente l' «homme idéal ». Ce terme figure dans certains rituels de Rose-Croix.


D'autres font remonter la maçonnerie à Salomon, à Jésus, aux Esséniens, aux Chinois...

Des auteurs audacieux affirment que la maçonnerie existait avant la création du monde, une origine extra-terrestre à même été envisagée.

Tout cela démontre bien le problème que posent les origines de l'Ordre maçonnique aux esprits et aux historiens.

Les Constitutions d'Anderson de 1723 parlent d'une transmission initiatique ininterrompue depuis Adam à Caïn, des Chaldéens à l'Egypte, de Salomon à Nabuchodonosor, de Thalès de Milet à Pythagore ; il qu' il en fut ainsi jusqu'au XVIIème siècle.

La maçonnerie, par ces origines mythiques, couvre toute l'humanité connue des auteurs des Constitutions.

C'est une volonté d'Universalisme qui se dégage à travers ces mythes fondateurs, la Maçonnerie est de toutes les époques et concerne tous les hommes.

Depuis qu'il existe, l'homme s'interroge sur lui-même comme sur ce qui l'entoure : les individus qu'il côtoie, la communauté dans laquelle il vit, les activités qui sont les siennes.

Mais il a également un autre besoin vital : celui de l'échange.

Depuis les lointaines peurs primitives, l'homme est sociable ; il n'envisage son existence qu'avec les autres, dans une relation de partage des idées comme des actes.

Si bien que très tôt il a pris des habitudes communautaires, dont celles de travailler ou de réfléchir en groupe.

Les premières traces de ces « associations » remontent à la plus haute antiquité.

Chez les Égyptiens, Perses, Syriens, Grecs, et les Romains, on mentionne à maintes reprises l'existence de groupements professionnels, spécialement chez les constructeurs d'édifices.

En ces temps reculés, la vie quotidienne est fortement imprégnée par toutes sortes de croyances, et plus généralement par la religion.

Chaque instant, chaque pensée, chaque acte d'importance s'inscrit dans une logique et un univers où les dieux sont présents.

Dans la plupart des cas, exercer un métier est une fonction éminemment sacrée.

L'homme ne peut rien entreprendre sans l'aide de cette force qui a créé tous les êtres et toutes les choses.

L'architecture apparaît très vite hautement symbolique de ce point de vue , à la fois parce qu'elle requiert un important savoir « scientifique » et un réel talent artistique, mais aussi car elle préfigure le mythe de la construction.

Il met en lumière la pleine et entière affirmation de l'homme : construire le temple, c'est construire l'homme.

Chaque profession a ses gestes, signes, et rituels, son intronisation secrète, qui sont autant de marques de reconnaissance et garantissent l'appartenance à une corporation bien précise.

C'est l'unique chemin par lequel un homme peut accéder au domaine divin de la connaissance, qui lui permettra un jour de maîtriser science et pouvoir.

Dans le respect du sacré, des devoirs et des secrets, l'homme entre dans le métier comme en sacerdoce, acceptant que sa vie future soit une ascèse dédiée au divin.

Les Collegia Romaines, qui regroupe des artisans par corporations, sont de ce point de vue des exemples typiques.

Bien qu'il s'agisse de groupements laïques, la religion y est très présente et leur organisation prend souvent la forme d'un culte, allant jusqu'à se référer à des dieux tutélaires censés protéger la profession.

En faisant vœu de rassembler des individus ayant des sensibilités similaires et d'identiques préoccupations professionnelles, les Collegia dissimulent jalousement leur savoir et interdisent au profane l'accès à une certaine connaissance.

Ces associations sont instaurées de fait par les premiers intéressés eux-mêmes, au plus bas de l'échelle sociale, ou encore sous l'impulsion d'un dignitaire, voire au plus haut rang de l'État, qui rassembleront désormais charpentiers et constructeurs de maisons.

Les Collegia répondent si bien à un réel besoin corporatif qu'ils vont jouer un rôle culturel déterminant.

En effet, parfaitement intégrés à la société romaine, ils accompagnent celle-ci partout où ses conquêtes la mènent, tant et si bien qu'au fil des décennies on en retrouve bientôt des traces aux quatre coins de l'Europe, à mesure que s'étend le vaste Empire Romain.

L'avènement du christianisme ne parvient pas à ralentir cet élan novateur ; tout juste réussit il à remplacer les dieux tutélaires par les saints patrons et à introduire un symbolisme aux consonances chrétiennes.

L'objectif majeur des collegia la divinisation de l'homme par le travail reste inchangée, voire même renforcé : Non seulement la participation de Dieu était indispensable au chrétien pour parvenir à la bonne exécution de sa tâche, mais l'homme de son côté, par son travail, participait à l'œuvre créatrice de Dieu.

Le Seigneur opérait par ses mains et le métier, poussé à la perfection, menait à Dieu.

Il faut attendre l'affaiblissement des institutions romaines et les diverses invasions qui vont secouer l'Europe pour voir l'influence des Collegia s'estomper peu à peu.

Toutefois, elle ne disparaîtra réellement qu'au début du VIIIème siècle, avec l'avènement de l'époque féodale.

La relation Suzerain-Vassal détermine l'ensemble des rapports au sein de la société.

Il n'y a plus de place, juridiquement, pour des groupements ou associations professionnels autonomes donc incontrôlés tels que l'étaient les Collegia.

On assiste à une reprise en main de la liberté individuelle par le pouvoir féodal : le fait d'appartenir à une corporation ne garantit plus le travail de l'artisan, qui n'a désormais pour tout horizon que le statut de Serf.

Les principaux penseurs des associations corporatives n'ont d'autre solution que de se replier vers le seul lieu de la société féodale où subsiste un embryon de liberté : les couvents.

C'est là que se réfugient pour un temps les arts, les sciences... et bien sûr les traditions chères aux anciens membres des Collegia.

Entre le VIIIème et le Xème siècle, à mesure qu'elle étend son influence sur le monde occidental, la chrétienté, par le biais de son Église, affirme ses privilèges et ses libertés.

La multiplication des lieux de culte et des couvents tisse un réseau serré de relations étroites.

De nouveaux groupements de constructeurs apparaissent, sous la forme d'associations monastiques qui rassemblent les seuls architectes dignes de ce nom.

Ce sont eux qui érigent les nombreuses églises et couvents qui voient le jour, en cette époque gagnée par une foi fervente, un peu partout en Europe.

Il faut attendre le début du XIème siècle pour qu'apparaisse, toujours sous l'impulsion d'une Église de plus en plus forte, une nouvelle forme de société.

Les préceptes du christianisme favorisent peu à peu l'instauration d'une paix grandissante.

Une organisation sociale plus ouverte voit le jour : le renoncement aux affrontements guerriers génère la sécurité, qui elle-même favorise les échanges commerciaux et permet aux artisans de venir s'installer dans les lieux fortifiés.

Les expéditions commerciales et les croisades insufflent une dynamique nouvelle dans l'économie et stimulent de nouvelles réalisations.

C'est le temps des franchises communales, et surtout de la construction des beffrois et des cathédrales.

Dans un véritable bouillonnement d'idées et de pulsions créatrices, des associations de laïques dont la plupart ont été formées par des ecclésiastiques s'affirment au grand jour, hors des couvents, dans de nouvelles organisations que l'on appelle les confréries.

En leur sein, le travail conserve son caractère sacré, la religion reste la dominante de la vie professionnelle et la fraternité une coutume plus affirmée que jamais.

Çà et là, les travailleurs manuels se regroupent en organisations autonomes.

Dans les pays Anglo-Saxons et Outre-Rhin apparaissent les guildes, ces autres formes de groupements professionnels à vocation fraternelle et spirituelle.

Un pas décisif est franchi lorsque s'officialise la reconnaissance de ces diverses entités par le pouvoir royal.

Bien plus que de simples associations, on peut alors parler de véritables corps professionnels, qui désormais sont respectés par les autorités municipales ou seigneuriales.

Il faut cependant attendre le XIIIème siècle pour voir réellement les métiers s'organiser.

A très peu d'exceptions près, ils sont alors dépendants et étroitement reliés à un fief ou à une cité, par des règles draconiennes quant à l'exercice du métier et de lourdes obligations qui ne sont pas sans rappeler la servitude passée : nécessité d'acheter sa place dans le métier, impôts divers, surveillance des déplacements, interdiction de changer de lieu de travail sans autorisation, etc.

Ce régime serré est celui des métiers « jurés ».

Il en existe d'autres qui bénéficient quant à eux d'une relative liberté, sont moins assujettis à d'importantes charges financières et à un strict contrôle.

La raison de ce qu'il faut bien appeler un régime de faveur réside dans le fait que ces autres métiers, organisés en confréries d'artisans, dépendent de l'Église et jouissent de ses privilèges sous la forme de « franchises ».

Ces professions reçoivent l'appellation de Francs-Mestiers.

Dans la langue de l'époque, est franc ce qui n'est pas soumis aux servitudes classiques et aux droits seigneuriaux.

Il s'agit en l'occurrence de la plus concrète des manières d'un avantage considérable ; il est vécu comme une juste prérogative reconnaissant leur état par ceux qui en disposent, mais perçu comme un passe-droit difficilement acceptable par ceux qui ne l'ont pas.

De fait, les Francs-Mestiers résulte de la transformation des associations monastiques comme celles ayant peuplé les abbayes de Bénédictins ou les commanderies du Temple en confréries laïques et va garder longtemps les attributs distinctifs de son ancien statut.

Dès la fin du XIIIème siècle, le monde féodal est en pleine effervescence. Partout on bâtit des forteresses, des églises, des routes, des ponts.

Les Templiers et leurs Francs-Mestiers principalement les maçons et autres métiers de la construction sont les artisans infatigables de ce renouveau.

On les retrouve dans la plupart des guildes et des métiers d'alors. Leur influence est telle que malgré la dissolution de l'Ordre en 1312, les persécutions contre ses membres et l'exécution sur le bûcher du grand maître de l'ordre du Temple Jacques de Molay en 1314, les Confréries Templières des Francs-Mestiers ne cesseront d'exister et de se développer, avec l'accord royal, tant en France qu'en Grande-Bretagne.

C'est d'ailleurs dans ce dernier pays que la dénomination Franc‑Maçon apparaît dans la seconde partie du XIVème siècle.

Désormais, dans une époque de renouveau intense et de forte mouvance des idées, tous les éléments sont réunis pour que naisse véritablement ce qui va devenir la Franc-Maçonnerie Universelle.

En une étonnante alchimie, qui au fil des siècles déroutera les observateurs extérieurs, avec le Francs-Mestiers le spirituel rejoint puis imprègne le temporel jusque dans les activités a priori les plus éloignées de l'esprit.

C'est pourquoi il est difficile d'évoquer les sources de la Franc-Maçonnerie sans s'arrêter un instant, en premier lieu, à cette dimension spirituelle qui se veut une donnée essentielle de toute approche maçonnique.

Nous avons vu comment la pratique du métier est teintée de sentiment religieux.

Dans la majorité des cas, une foi fervente s'exprime dans la plupart des actes professionnels.

La principale raison à cela tient au fait que dans l'Europe du Moyen- Age et de la Renaissance le christianisme est omniprésent. En donnant à sa profession les aspects d'un culte, l'artisan ferme celle-ci à toute personne n'exerçant pas le métier.

Il introduit ainsi nombre de rituels, dont celui de l'initiation qui revêt une importance majeure : Cette initiation à la connaissance du métier, était en même temps celle à la loi divine révélée par le Christ, qui seule permettait d'atteindre à la perfection sur tous les plans, dont la valeur professionnelle n'était qu'une forme à la gloire de Dieu et une grâce conférée par Lui.

La première demeure de Dieu, le premier Temple à lui construire, à défaut duquel il ne faut pas espérer cette grâce, c'est l'homme lui-même fait à l'image de Dieu.

Aussi le devoir primordial du Franc-Maçon, répété avec insistance par les anciens statuts et devoirs, était'il d'être fidèle à Dieu et à la sainte Église et de fuir l'hérésie et l'erreur.
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Atil
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MessagePosté le: 30/03/2007 07:48    Sujet du message: Répondre en citant

En 1710, Sincerus Renatus (Samuel Richter), un pasteur luthérien intéressé par l'alchimie, fonde "l'Ordre de la Rose-Croix d’or" à Nuremberg et à Ancone. Cet ordre ne recrute que parmi les Francs-maçons, et forme ainsi une certaine osmose entre le rosicrucisme et la franc-maçonnerie.

-La franc maçonnerie, dite spéculative, d'essence philosophique, prendra forme officielle le 24 juin 1717 avec la formation de la premiére grande loge à Londres, dans un "terreau" préparé par le Rosicrucianisme. Cette grande loge naitra grâce à la réunion de quatre Loges à la taverne "L'Oie et le Grill". Les Trois autres Loges portaient le nom de la taverne qui les hébergeait : "La Brasserie de la Couronne", "La Taverne du Pommier", et "Le Grand Verre et les Raisins".(Quand au néo-druidisme, il a été fondé le 22 septembre 1717 à la "Taverne du Pommier" par John Toland, un penseur proche des francs-macons).
Il semble bien que cette Franc maçonnerie spéculative dérive de la Franc-maçonnerie opérative sous l'influence de l'idéal Rose-Croix. La notifications de statut dés 1390 atteste de l'existence en Ecosse de sociétés de batisseurs et de tailleurs de pierres organisés autour de code de valeurs.Ces batisseurs, se transmettant cet art, étaient exonérés de toutes charges, d'où le terme Free Mason (littéralement franc-maçon, franc signifiant libre en vieux français). Ils constituaient ainsi des sociétés de travailleurs totalement indépendantes : c'était la Franc-maçonnerie opérative.
Dès 1638, les relations entre francs-maçons et Rosicruciens étaient évoquées dans The Muses, un poème d'Adamson. En 1676, le Poor Robin's Intelligence publia une notice indiquant que "l'Ancienne Fraternité de la Rose-Croix, les Adeptes de l'Hermétisme et de la Compagnie des Maçons Acceptés, ont décidé de dîner ensemble". Ce lien sera encore souligné dans un article du Daily Journal de1730 qui indique : " Il existe une Société à l'étranger, de laquelle les Francs-Maçons anglais […] ont copié quelques cérémonies, et s'efforcent de persuader le monde qu'ils en sont issus et lui sont identiques. On les appelle Rosicruciens."

Vers 1757, Hermann Fictuld crée un rite maçonnique à tendance alchimique, composé d'un ensemble de grades rosicruciens : la Fraternité des Rose-Croix d'Or.(c'est la même année qu'apparait le grade de "Chevalier Rose-Croix" chez les Francs-maçons). De celle-ci sortira la loge des Trois Épées, puis, en 1776, l'Ordre de la Rose-Croix d'Or d'Ancien Système.

-En 1767, Martinés de Pasqually (1727-1774) fonda l’ordre des chevaliers maçons Elus-Cohen de l’Univers. Louis Claude de Saint-Martin (1743 -1803), son secrétaire et disciple, participa à l’organisation de cet ordre qui influença l’ordre écossais rectifié.
Disparu en 1780, l’ordre fut reconstitué en 1942 par des initiés maçons sous l’appellation d’ordre Martiniste des Elus-Cohen.

En 1778, Alexandre Cagliostro fonde en Hollande une loge d'un genre nouveau : un rite égyptien. Selon lui en effet les origines des Rose-Croix remonteraient à l’époque de l’ancienne Égypte ... pourtant les plus grands égyptologues n’y ont jusqu’à ce jour trouvé aucune trace du symbole de la rose-croix, pour la bonne et simple raison qu’en ce temps là, la rose n’existait pas. Il s’agit d’une fleur hybride, venue de Chine en Europe vers les premiers siècles de l’ère chrétienne.

Ensuite, à la fin du dix-neuvième siècle et au début du vingtième siècle vont se créer à nouveau plusieurs sociétés rosicruciennes sans aucun rapport aucun avec celles du 18 ème siècle.
C'est ainsi que voient le jour :

-La Societas Rosicruciana in Anglia (S.R.I.A) : Fondée en 1866 par Robert Wentworth Little (1840-1878), un Franc-Maçon trésorier de la Grande Loge Unie d'Angleterre.

-L’Hermetic Order of the Golden Dawn, appelé aussi Golden Dawn :
Ordre maçonnique rosicrucien fondé vers 1887 à Londres et à Auteuil par William Wynn Westcott (1848-1925), Samuel Liddell Mathers (1854-1918) et R. William Woodman, membres de la S.R.I.A. Mathers (le beau-frère du philosophe Henry Bergson) en devient le dirigeant. Les rituels empruntent beaucoup à la magie et aux kabbalistes chrétiens. En sortira Aleister Crowley, le mage noir qui fondera l’Astrum Argentinum.

-L'Ordre Kabbalistique de la Rose-Croix : Fondé par Stanislas de Guaïta (1861-1897) en 1888, lui-même inspiré d'Eliphas Levi. Erik Satie et Claude Debussy en firent partie.

-L'ordes Martiniste : Le martinisme, héritier de la pensée de Louis Claude de St-Martin, a été fondé en en 1891 par Augustin Chaboseau et le docteur Papus Gerard Encausse, (1865 -1916), ancien membre de la Société théosophique, il fut aussi partie de l'Ordre Kabbalistique de la Rose-Croix. l'Ordre Martiniste exerce aujourd'hui ses activités sous l'égide de l'A.M.O.R.C.

-L’Ordre de la Rose-Croix, du temple et du Graal (appelé aussi Rose-Croix catholique) : Fondé en 1891 par Joséphin Péladan (1858-1918), dissident de l'Ordre Kabbalistique de la Rose-Croix.

-L'Association rosicrucienne (1907), fondation de Max Heindel aux Etats-Unis qui a son siège à Oceanside en Californie. Max Heindel (1865-1919) adhéra tout d'abord à la Société Théososophique. En 1907, il rencontra à Berlin un frère majeur de l'orde de la Rose-Croix. De retour en Amérique, Heindel fonda alors son propre groupe qui porta le nom d'Association rosicrucienne d'Oceanside et, en 1920, un temple rosicrucien fut construit.

-La "fraternité des polaires" : Fondée sur une méthode oraculaire enseignée par Zam Bathiva, se prétend une résurrection de la «vraie Rose-Croix»; et l’École internationale de la Rose-Croix

-Lectorium Rosicrucianum : Fondée dans les années 1920 aux Pays-Bas, elle se définit comme "fraternité gnostique", s’inspirant à la fois des cathares, du Graal, de la Rose-Croix et de la franc-maçonnerie. Elle reprend aussi l'ancien nom d'"ordre des Rose-Croix d'Or".

-L'Ancien et Mystique Ordre Rose-Croix (A.M.O.R.C.) : Fondée en 1909 par par Harvey Spencer Lewis (né en 1889). C'est l'organisation rosicrucienne la plus connue et quantitativement la plus importante et elle recourt fréquemment à un vocabulaire maçonnique. Il s'agit de conférer à la jeune organisation la patine ancestrale de la maçonnerie et le même sérieux initiatique. Sa littérature n’est qu’une compilation des différents ésotérismes en vogue à l’époque, la plupart venant de la Théosophie, justement en plein essor à cette époque. (Par exemple, il y a reprise de la doctrine typiquement théosophique des races inférieures et supérieures). Spencer Lewis monta de toute pièce un canular invraisemblable auquel croient aveuglément les rosicruciens : Il prétend avoir été chargé de mission par la «grande loge blanche» pour «restaurer» et installer l’ordre rosicrucien aux États Unis. L’ordre rosicrucien qu’il a fondé ne serait pas la première manifestation de l’ordre : Celui-ci apparaîtrait cycliquement sur terre et ses périodes de fonctionnement alterneraient avec des périodes de mise en veilleuse.
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Paxlux



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MessagePosté le: 26/02/2008 13:53    Sujet du message: Répondre en citant

Interessant tout ça !

Quelqu'un aurait-il des informations concrètes sur l'existence d'un ordre de chevalerie lié à la franc-maçonnerie et que l'on nomme "les chevaliers blancs?"

Plus largement quelqu'un peut-il m'expliquer les liens qui existent entre la chevalerie et les franc-maçons?
L'ordre du temple et les loges maçonniques, enfin j'ai un peu du mal à faire le tri alors si les explications pouvaient être claires ce serait merveilleux!
Merci par avance à ceux qui se doneront la peine de répondre à ce message.

Salutations
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Paxlux,
Ce n'est pas parce que certaines choses paraissent incroyables, qu'elles ne sont pas vraies!

"Mieux vaut allumer une chandelle que de maudire l'obscurité" sagesse chinoise
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hyphilis
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MessagePosté le: 27/02/2008 12:23    Sujet du message: Répondre en citant

Bonjour à tous,

Je ne peu pas te renseigner avec exactitude, mais j'habite à deux minutes d'Ancone et j'ai jamais entendu parler de la rose crois d'or ici, c'est tout de meme interessant à savoir, et merci à toi parce que je n'avais jamais fait attention à ce sujet.
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Archemyst
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MessagePosté le: 05/03/2008 19:21    Sujet du message: Répondre en citant

Alors Adam pour commencer en sumerien cela veut dire troupeau donc a mediter...

La chevalerie dans les temps "anciens" voulait et se devait de proteger son ilot.
L epee ne sert pas a tuer comme il est dit dans l histoire du sang et des guerres.
Mais ,elle est un prolongement du doigt et ce pourquoi pour tracer cercles et figures sur le sol...

Le chevalier serait il un "sorcier" PDT_019

La Franc Maconerie a plusieurs loges.
Elle connait les mysteres ,bien plus qu il n y parait PDT_015

Athena devrait savoir sur les chevaliers blancs.
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hyphilis
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MessagePosté le: 07/03/2008 18:32    Sujet du message: Répondre en citant

Dans les temps ancien, nos iles était merveilleuses, jusqu'au jour du sang et des guerres.

Athena, demi soeur d'hermes, fille de zeus, pour ceux qui ne savent pas vraiment qui elle est, oui elle SAIT, certain chevaliers devrait la prendre comme modele et s'inspiré de sa sagesse, les autres leur pouvoir réside dans le fait qu'il poursuivent leur but avec un bon petit trio de magie, qui mene à une grande connaissance de leur existence.
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