Dieu, média de la réforme sociale

APPELDOORN Thierry – Trotmany –
28 Juin 2005

Si il est une chose indubitable sur la consistance de Dieu, c’est que celui-ci est une conceptualisation humaine. Nous nous attardons donc ici sur le fait que, de tout temps, Dieu a été une idéalisation, une cristallisation d’expressions humaines dans un mot, un terme. Nous pensons également que cette construction est constante, qu’elle fluctue au cours des périodes et qu’elle s’apparie à certains besoins de changement dans les structures profondes des institutions sociales. Il est toutefois important de préciser que notre propos ne porte nullement sur l’existence extrinsèque de Dieu. En effet, sa présence réelle doit être détachée de sa représentation en l’homme. Ceci ne constitue donc pas en une preuve ultime de la dérision des religions, ni inversement, merci de le comprendre ainsi.

1. Les débuts d’une représentation interne

Les hommes de la préhistoire nous ont légué de nombreux témoignages attestant de préoccupations spirituelles, telles que l’art, les parures et les sépultures. Il semblerait que les premières croyances ont vu le jour il y a 50 000 ans, auprès de l’homme de Neandertal. Cette lignée, ancêtre de l’homme moderne, enterrait déjà ses morts avec des fleurs et/ou des outils. On peut y voir un lien étroit avec la croyance en l’immortalité et l’au-delà ; les outils, armes et bijouteries servant le défunt dans l’autre vie et les fleurs pour l’accompagner, fêter son départ. Si les croyances religieuses sont fixées officiellement aux alentours de cette période, de nombreux éléments penchent en faveur de pratiques symboliques et spirituelles anciennes, déjà présentes en Afrique avant la sortie de l’homme moderne, il y a moins de 200 000 ans.

Les premières croyances des hommes devaient assurément s’inscrire dans un processus de compréhension globale de l’environnement. En effet, pour un groupe qui commence à se sédentariser, il est de première nécessité de comprendre comment se compose le milieu de vie. En même temps qu’il apprenait à reconnaître les baies, les fruits et racine qui étaient comestibles, le groupe développait une compréhension basique du soleil, du vent, de la pluie, des orages. Autant de forces naturelles qui ne sont pas directement appréhendables, mais qui sont contraignantes pour l’activité humaine.

Un mécanisme du fonctionnement cérébral va avoir ici toute son importance pour comprendre notre développement : le système d’inférence. Il s’agit d’un assemblage de systèmes qui interprètent les événements dont nous sommes témoins, tous les faits qui nous sont rapportés. Ainsi, une porte qui claque est attribuée spontanément à un courant d’air ; que des sourcils se froncent, et l’on songera à l’expression de la colère. A notre insu, un tri de l’information s’opère en permanence pour acheminer les données recueillies vers les bons systèmes. Certains de ces systèmes d’inférence ont joué un rôle vital dans le développement de nos ancêtres hominidés et ont été façonnés par la sélection naturelle. L’appétence de ce dispositif mental pour tout élément à caractère humain explique une tendance à l’anthropomorphisme, qui se traduit par une propension à distinguer des visages, des silhouettes, dans la forme des nuages, à imputer une intention guidant les actions dont nous sommes témoins.

Il est donc plus que concevable que les premières croyances de l’homme de Neandertal aient été une forme d’animisme. L’animisme est la croyance traditionnelle la plus répandue dans les sociétés tribales, comme en Afrique, en Amérique du Sud ou en Océanie, mais aussi chez les enfants. Elle consiste à penser que la nature est régie par des âmes ou esprits, analogues à la volonté humaine. C’est donc un processus de compréhension qui utilise l’assimilation, l’intériorisation d’éléments complexes de l’environnement pour leur donner une signification causale. Attribuer une âme à la foudre permet d’instituer des interprétations – toutes relatives – de ses développements dans le ciel. On dira qu’elle est en colère si elle n’apparaît plus, qu’elle exige quand elle « gronde », qu’elle descend près des hommes quand elle enflamme.

Si le système d’inférence est un mécanisme présent dès l’enfance chez la plupart des hommes, l’interprétation de la vie anthropomorphique des éléments naturels n’est pas donnée à tous. Il semble qu’à l’instar des sociétés dites primitives de nos jours, il ait existé des chamans, des sorciers, des oracles. Ces personnes – dont le rôle principal était de comprendre les présages, leur donner une signification, une cohérence – semblent avoir eu certaines aptitudes dans le maniement de symboles. Un symbole est une représentation étriquée d’un ressenti, d’un ensemble d’éléments en relation. Par exemple, aujourd’hui, le cœur rouge calligraphie le sentiment amoureux. Si il en est ainsi, c’est parce que la fréquence cardiaque augmente lors d’un « coup de foudre » (encore un symbole) ou plus simplement lorsqu’il y a attirance. On retrouve ainsi des représentations de divinités, de forces insondables, sculptées sur des statues, des mats totems, des dessins et des peintures rupestres. Ces représentations étaient fonction des intentions – bénéfiques ou néfastes – imputées aux éléments. Ainsi, le soleil est-il le symbole de la vie parce qu’il fait germer et qu’il structure temporellement la vie active. Cette croyance se retrouve effective dans le culte d’Aton. Aton est dans la mythologie égyptienne le disque solaire divinisé et considéré, durant le règne d’Akhenaton (v. 1350-1333 av. J.-C.), comme le créateur de l’Univers. Par opposition, on dira des activités nocturnes qu’elles se font en cachette, hors de la vue, secrètement et donc qu’elles ont caractère d’intrigues néfastes à la société, d’activités contre la vie et par extension, de sorcellerie.

Nous voyons donc ici les différents processus qui se manifestent dans la création d’une croyance. La première étape infère une causalité aux choses. Une deuxième étape répercute cette observation dans ce que nous connaissons intimement, c’est un processus d’anthropomorphisme, de rapport à soi. Nous venons de voir que les religions sont très anciennes dans l’histoire de l’homme, mais leur existence n’implique pas forcément celle de dieux. La troisième étape, que nous allons maintenant expliciter, est l’extériorisation symbolique des nouvelles représentations. Le produit de cette dernière n’est plus en rapport direct avec les phénomènes observés, mais une construction interprétative humaine.

2. Des dieux pour introduire l’agriculture

L’apparition de véritables figures divines est extrêmement difficile à dater. Sans l’aide de l’écriture – qui n’apparaît qu’au milieu du IVème millénaire avant J.-C. – l’identification catégorique de dieux et de déesses à travers des objets archéologiques reste un vrai casse-tête. Malgré ces difficultés, les archéologues s’entendent aujourd’hui sur le fait que deux figures divines se sont imposées au cours du Néolithique, c’est-à-dire après l’apparition de l’agriculture, il y a 12 000 ans. Il s’agit de la déesse-mère, aux rondeurs épanouies évoquant la fertilité, et du dieu-taureau, symbole de la force virile. On peut penser qu’à cette époque, où l’agriculture et l’élevage sont en plein essor au Proche-Orient, le couple femme-taureau faisait l’objet d’un culte de par leurs apports aux récoltes. La main d’œuvre et le bétail étaient en effet nécessaires au labourage des pâturages. Ces deux figures incontournables des premiers grands panthéons de dieux – que l’on retrouve dans la mythologie grecque sous les traits de Déméter et du Minotaure – sont probablement les deux premières divinités de l’histoire de l’humanité.

Mais des recherches archéologiques récentes semblent montrer que ces deux grandes figures divines existaient avant le Néolithique. Les dieux auraient donc précédé l’agriculture et peut-être même contribués à son développement. Contrairement à ce que l’on a longtemps cru, les hommes n’auraient pas été contraints à l’agriculture par des changements climatiques ou une trop forte pression démographique, ils auraient délibérément choisi ce nouveau mode de vie. Dans son ouvrage Naissance des divinités, naissance de l’agriculture, Jacques Cauvin soutient l’idée que les représentations féminines ne sont pas seulement symbole de fécondité, mais « un véritable personnage mythique, conçut comme Être suprême et Mère universelle, autrement dit une déesse couronnant un système religieux qu’on pourrait qualifier de monothéisme féminin ». Cette croyance initiale a déterminé un changement d’attitude face au milieu, un changement de structure dans le groupe. Les sociétés néolithiques s’autorisent alors à intervenir sur leur environnement en producteurs actifs. La chose eut été possible bien avant, techniquement parlant, mais ni l’idée ni l’envie ne leur étaient simplement jamais venues. L’agriculture est peut-être donc un pan qui a subsisté jusqu’à aujourd’hui d’un très ancien culte, ritualisation quotidienne et reproduction symbolique de la Vie, de la Fertilité à travers la germination.

3. Les systèmes monothéismes, moteurs sociétaux

Le monothéisme – du grec monos, « seul, unique » et theos, « dieu » – est la doctrine religieuse ou philosophique qui affirme l’existence d’un seul Dieu personnel et distinct du monde. Le monothéisme est en ce sens opposé au polythéisme et au panthéisme. Le monothéisme apparut probablement pour la première fois au XIVe siècle av. J.-C., avec l’instauration par le pharaon Aménophis d’un culte solaire unique dédié à Aton. Mais on fixe l’apparition effective et incontestable du monothéisme avec la Révélation faite à Abraham, Isaac et Jacob et avec l’adoption de la religion monothéiste par le peuple hébreu à la sortie d’Egypte. En outre, les trois grands monothéismes revendiquent leur source commune : Abraham, le « père de tous les croyants ». C’est à la foi le père de Jacob qui est à l’origine du Judaïsme et d’Ismaël, à l’origine de l’Islam.

Comme le constate Sigmund Freud, le monothéisme est une religion du Surmoi, par opposition aux polythéismes qui seraient des religions dont les différents cultes partiels sont chacun basés sur une impulsion instinctive née dans le ça. Un des apports de Freud est l’idée de libido (ou pulsion de vie), qui est présente à la naissance et constitue la force motrice à l’origine de presque tous nos comportements. Dans cette perspective, le ça est le siège de la libido. Le moi est l’ego qui dirige la personnalité de manière plus consciente. Le surmoi est le centre de la moralité, qui intègre les normes et les restrictions morales imposées par la famille et la société. En effet, le monothéisme impose à l’individu une notion universelle de bien et de mal et pose donc un grand nombre d’interdits se traduisant par des renoncements aux pulsions que les polythéismes sacralisaient.

La première révolution apportée par les monothéismes est l’interdit total de l’idolâtrie. Dans le Judaïsme, le Premier Commandement du Décalogue dit : « Tu n’auras pas d’autres dieux devant ma face. Le deuxième confirme : Tu ne te feras point d’image taillée, ni de représentation quelconque des choses qui sont en haut dans les cieux, qui sont en bas sur la terre, et qui sont dans les eaux plus bas que la terre. Tu ne te prosterneras point devant elles, et tu ne les serviras point ; car moi, l’Eternel, ton Dieu, je suis un Dieu jaloux, qui punis l’iniquité des pères sur les enfants jusqu’à la troisième et la quatrième générations de ceux qui me haïssent, et qui fais miséricorde jusqu’en mille générations à ceux qui m’aiment et qui gardent mes commandements. » (Exode 20 ; 3-6)

Pour le Catholicisme, l’idolâtrie est un péché par superstition allant à l’encontre du premier commandement. Définit par la bulle papale Gratia Divina, l’idolâtrie est la croyance, l’enseignement et l’observation d’un culte, sa vénération ou autre pratique, une superstition, une personnalité vivante ou décédée qui ne relèvent pas de la foi catholique ou admise par elle. Pour l’Église, l’idolâtrie ne se résume pas à l’adoration de statues païennes comme l’imagerie traditionnelle pourrait nous le faire croire. Idolâtrer quelque chose, c’est s’en occuper de façon immodérée jusqu’à en négliger Dieu, considéré par le catholicisme comme seul digne de culte.

En islam, l’idolâtrie est le premier péché (sourate 4.48, 137 ; sourate 47.34). Ce péché est impardonnable et il s’agit du seul péché qui interdit de se nommer musulman. Un aspect intéressant de l’islam est son insistance sur le refus de toute représentation du divin ou de sa création. Cela a mené à une tradition artistique particulièrement riche dans laquelle l’abstraction, la forme pure et la non-représentation ont abouti à des formes d’art graphique très riches et presque complètement spécifiques notamment la calligraphie arabe.

Il est apparent que les systèmes monothéistes s’opposassent aux anciens cultes, sans cesse renaissants, qui célébraient jusqu’à l’exacerbation et au monstrueux la sacralité de la vie organique, les forces élémentaires du sang, de la sexualité et de la fécondité. Ils mettaient en relief la sacralité d’une manière plus intégrale, sanctifiant la vie sans déclencher les forces élémentaires, révélaient une économie spirituelle dans laquelle la vie de l’homme et sa destinée s’octroyaient de nouvelles valeurs. Celui-ci se trouvait enfin libérer de pratiques occlusives et devenait alors indépendant de son environnement, dégagé de la servitude toute puissante des forces naturelles. L’homme peut alors prendre en main son avenir et travailler à l’améliorer.

4. Les prophéties révolutionnaires

Nous l’avons vu, il était des gens dont la fonction principale se résumait dans l’interprétation de la volonté divine des forces naturelles. On retrouve ce même rôle chez les prophètes. Le mot prophète – du grec profétis : « interprète des paroles d’un dieu ou d’un oracle ; devin » – désigne une personne considérée comme l’envoyé, le messager d’une divinité, contrairement au devin, qui prédit l’avenir à la demande. Voyons-en quelques un des plus connus.

Moïse – de l’hébreu moshe : « sauveur » ou de l’Egyptienne mosis : « fils, enfant » – est un des prophètes centraux du Judaïsme. C’est lui que Dieu envoya délivrer le peuple hébreu de l’esclavagisme des Egyptiens et leur révéler les termes de l’Alliance qu’il forma avec eux. En apparaissant à Moïse, Dieu annonce également comment il devra parler de lui au peuple hébreu : « Tu diras aux enfants d’Israël : ‘JE SUIS’ m’a envoyé vers vous ». Je suis (eihey) devient à la troisième personne « Yavéh », le nom de Dieu que l’on cache derrière le tétragramme YHWH. Il est de tradition que l’on ne prononce pas le nom de Dieu, seulement son tétragramme. Cette position s’explique sans doute par l’aspect instantané du JE SUIS ; qui une foi énoncé devient J’ETAIS, puisqu’antérieur aux mots et secondes qui suivront l’instant de son élocution. On comprendra donc qu’ici le concept divin se compose dans le présent, dans l’action. C’est cette immédiateté que l’on lit dans le besoin de libération du peuple hébreu. Il a sans doute dû rêver son exode longtemps. Mais là, à un instant donné, un homme se lève avec une idée ferme et arrêtée en tête. Une forme de conscience sociale, d’unification des vouloirs et idéals communs, se crée et se concrétise dans Dieu. Dieu est la volonté d’un peuple tout entier, il est la représentation de son désir et force le destin à lui donner raison. Le rêve prend vie, les espoirs grandissent. L’apparition de Dieu, JE SUIS à Moïse est donc source d’une renaissance, d’une révolution.

Zoroastre – en avestique Zaraoustra : « le conducteur de chameaux » – est le prophète fondateur du mazdéisme (628-551 avant J.-C.). Zoroastre a condamné les rites et les sacrifices traditionnels du mithraïsme offerts aux dieux par les Perses, mais il a gardé la tradition du culte du feu. Il a fondé sa doctrine sur la « bonne pensée », la « bonne parole » et la « bonne action ». Zoroastre a nommé son dieu Ahura Mazda, force créatrice du monde et des quatre éléments, l’eau, la terre, le feu et l’air. Il a aussi créé l’homme en lui donnant son libre arbitre. Un autre thème important du zoroastrisme est la promesse d’une vie éternelle après la mort, où les âmes seront départagées lors de la traversée du « Pont de Chinvat », et finissent soit au Paradis, soit en Enfer soit au Purgatoire. La notion de résurrection existe, celle-ci surviendra à la fin des temps avec l’avènement du « Saoshyant » qui rétablira la justice par une régénération du monde. Il prêchait également la venue du Royaume de Justice, la coopération à l’œuvre d’Ahura Mazda, sous peine de châtiment total. Nous retrouvons ici beaucoup des thématiques juives et chrétiennes.

Bouddha – du sanskrit buddha : « éveillé » ; de son vrai nom Siddhârtha Gautama – est un chef spirituel qui vécut au VIème siècle avant notre ère, révélateur du Bouddhisme. Le monde hindouiste, à cette époque, était alors agité par d’importantes dissensions philosophiques et spéculatives. L’indouisme divise la population en trois castes : les brahmanes, les kshatriya, les Vaishya et un quatrième groupe : les intouchables ou « hors-caste ». Ces derniers sont en bas de la hiérarchie et se doivent de servir les trois autres. Ce sous-ordre, ces « sous humains » restent dans leur caste de générations en générations. C’est contre ce sort cruel que se mobilise le bouddhisme. Le bouddhisme est l’un des grands systèmes de pensée et d’action orientaux. Pour être signifiant au sein de son milieu socio-culturel, le bouddhisme s’est imprégné d’hindouisme, duquel il a adopté nombre de concepts qu’il réinterpréta. Le Bouddha souligne bien qu’il n’est ni un dieu, ni le messager d’un dieu, et que son système de pensée n’a pas d’origine divine, mais qu’il est plutôt axé sur la compréhension de la nature de l’esprit humain, lequel pourrait être redécouvert par toute personne par ses propres moyens et par l’expérience.

Jésus – de l’hébreu Ieshua : « Dieu sauve » – est le prophète du Christianisme. Il s’insurgea contre l’autorité des pharisiens, qu’il disait avoir une foi d’aveugle. Il a considérablement édulcoré les lois mosaïques en gardant deux commandements à suivre coûte que coûte : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu » et « Tu aimeras ton prochain comme toi-même ». Selon lui, il n’était pas nécessaire d’étriquer les croyants dans des règles suivient à la lettre, mais non comprise, ou effectuées dans un relatif désintérêt. Il érige la notion de pardon au dessus de toutes les formes de condamnation. Il prêchera l’imminence du Royaume et la nécessité d’une vraie repentance. Deux actes forts de Jésus sont intéressants dans le développement que nous tentons de dégager : le saccage des échoppes, marchants du Temple et une parole « rendez à César ce qui est à César » (Matthieu 22 ; 21). Par ces deux même, il se dégage de l’ordre du matériel et exige un retour à un royaume de spiritualité.

Mohammed – de l’arabe mouhamad : « le louangé » – est le prophète de l’Islam. Il reçut sa première révélation divine à l’âge de 40 ans, par l’intermédiaire de l’archange Gabriel. Il continua à recevoir la révélation pendant 23 ans. Les sujets évoqués sont multiples : l’unicité de Dieu, sa création, les histoires des premiers prophètes, la moralité, l’éthique et la vie après la mort. L’élite mecquoise s’opposa farouchement à l’appel de Mohammed au monothéisme et à la réforme sociale. Les premiers musulmans apprirent à mettre en pratique une règle d’or sous l’égide du Prophète : « Nul n’atteindra la foi parfaite s’il ne souhaite pour son frère ce qu’il souhaite pour lui-même. » Les exégètes musulmans réussirent à établir la relation entre les sourates du Coran et la vie de Mahomet, et l’on sait maintenant que les premières révélations, courtes et formulées dans un langage vif et imagé, avertirent l’homme qu’il serait jugé par Dieu pour ses actes et sévèrement puni pour n’avoir pas rectifié sa conduite. Avec le temps et au fur et à mesure que l’autorité de Mahomet s’imposait sur la première communauté de musulmans, les révélations s’allongeaient, perdant de leur caractère d’urgence et portant davantage sur les solutions aux problèmes pratiques auxquels étaient confrontés le Prophète et ses disciples.

Si ces prophètes peuvent être distingués par certains aspects de leurs convictions, il est des choses qui les rapprochent tous. Ils semblent être mus par un fort besoin de mutation dans les mœurs, les croyances anciennes, la Vie. Cette force qui les étreint a une résolution sociale, pour tous, sur une large échelle et appelle à une libération de tensions, un retour à la vie spirituelle.

5. Dieu, média de la réforme sociale : conclusion

Un média est le moyen utilisé pour transmettre de l’information à la population. Le mot « Dieu » provient du latin deus, qui est lui-même issu d’une racine indo-européenne Dyeus Pitar : « Père Ciel brillant ». Il désigne communément un Être Suprême, créateur de l’univers, adoré dans les religions monothéistes. A l’instar d’autres concepts comme l’amour, l’amitié, la liberté ; Dieu est un construct social, une représentation vivante et en perpétuel mouvement. C’est ainsi qu’il semble parfois si difficile de l’appréhender et voilà pourquoi Dieu ne peut être défini, ni nommé dans certaines croyances. En effet, il est important que cette notion « Dieu » puisse rester active et réactive quant aux développements des sociétés qui l’exploitent. Il est primordial que des prophètes s’en saisissent, s’approprient ce simple mot, qui dépasse les ambitions égoïstes de l’individualisme. Si nous voulons comprendre Dieu, nous pouvons en dire qu’il s’agit de la conscience d’un peuple qui interagit avec son environnement et appel à une transformation dans le présente, dans le JE SUIS.

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