L’aride chemin

Toi, le voyageur
Qui depuis des jours,
Des jours et des nuits
Gravis lentement
La haute montagne escarpée,
Sans penser a rien,
Rien qu’à arriver
Arriver là-haut
Tu vises droit le but
Tes mains sont raides de froid,
Ton corps est tout entier meurtri
Et ta confiance faiblit.
Au fond, quelle importance!
Ne réfléchis pas
Et laisse toi guider
Par l’aride chemin
Formé de pierres et de rocailles.
Dans ta main tu tiens le pic.
Ton dos supporte ton gros sac.
Tu en es responsable.
N’abandonne pas ta lutte.
Evite surtout de penser,
Qu’en ce moment d’autres vont danser,
Que dans un lit ils sont couchés
Au milieu de rires et de tendresse.
Apres tout ceux-là ont peut etre gagné
Le droit de s’amuser,
Au prix de rudes souffrances passée
Au prix de mains efforts répétés
Mais tu n’y songes point
Tu vois seulement
Ceux qui n’ont rien fait,
Mais ont tout obtenu.
Réfléchis un peu.
Ils n’en sont pas plus heureux
Chacun porte sa croix,
Et tu n’as pas la plus lourde, crois-moi.
Bien sur, elle t’a quitté
Elle t’a rejeté
De son horizon doré.
Tu étais trop pur,
Réellement trop pur
Pour ses hautes visées.
Elle voulait le luxe
Que tu ne possèdes pas
Elle voulait un chemin semé de roses,
Et, regarde un peu le tien:
Rien que des cailloux.
Oui tu es fatigué,
Las et épuisé.
Allons, fais une halte
Accorde toi un peu de repos.
Tu veux continuer,
Pour être plus vite au sommet.
Mais non, tu fais fausse route;
Que t’importe le temps.
Tu n’es pas limité.
Profitte de cette chance
Et sache stopper un moment.
Au lieu de river ton regard au chemin poussiéreux,
De tendre ton corps comme un tigre des montagnes
Pret a sauter sur sa proie,
Ouvre les yeux et vois là-bas
Un tapis de mousse tendre t’attend.
Approche doucement,
Pose ton pic et ton sac vivement
Effleure du creux de la main,
Religieusement.
Vois l’herbe frémit.
Elle est toute pénétré de ta caresse
Et ton corps très vite en ressent les bienfaits.
Déjà tu t’alanguis,
Hume son parfum enivrant
Pose tes lèvres brulantes
Sur cette matière calme et vivante
Coupe un brin d’herbe
Que tu mettras dans ta bouche
Allonge toi et ferme les yeux.
Au loin, un oiseau siffle
Une sauterelle a bondit pres de toi
Et de ravissants papillons,
Volant, virevoltant
Viennent te tenir compagnie.
Goûte l’instant présent.
Plus tard, tu reprendras la route.
Mais de ce moment,
Profites-en
Il est ta délivrance.

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